Mais en fait, qu'est-ce que c'est un écrivain biographe ?

Biographe, prête-plume, écrivain ou écrivaine de l’ombre, auteur fantôme, passeur et passeuse d’histoire… Tous ces noms, pour une seule idée : écrire les récits de vie des autres.

Mais derrière la pure technique de l’écriture se cachent de nombreuses facettes. Un biographe est plus qu’une main qui tient un stylo ou des doigts qui courent sur un clavier en rédigeant vos souvenirs.

Alors, qu’est-ce que c’est un biographe ?

Pour la suite de cet article, les métiers liés à la biographie seront genrés au féminin (car je suis une femme !)

Amandine Riviere, biographe pour particuliers

La biographe : la personne qui vous écoute

Écrire les mots

Cette personne, encore inconnue il y a quelques minutes, prend place face à vous. Elle sort un carnet, un stylo. Parfois, un enregistreur, si vous êtes d’accord.

Elle sent votre inquiétude. C’est normal. Se confier demande du courage, mais rassurez-vous ; elle ne sera pas juge ni avocate. Elle retire le bouchon de son stylo et vous invite à commencer.

Elle écrit vos souvenirs, comme ils vous viennent. Vous les laisser couler de votre esprit vers son cahier. Elle les note frénétiquement, rature, réécrit au fur et à mesure de vos pensées. Vos émotions se mélangent, votre passé resurgit, souvent dans le désordre. Ça aussi, c’est normal, n’ayez crainte. La mémoire prend des chemins de traverse. 

La biographe continue de rédiger, écoute vos mots, suit votre rythme, vous pose quelques questions. Pour mieux comprendre. Mieux vous retranscrire.

Caché dans vos phrases, la biographe entend autre chose. Des choses plus profondes encore, plus intimes, presque inconscientes. Un parlé, une expression originale, un tic de langage que vous ignorez. Tout ce qui vous définit, vous. Ce qui fait qu’en lisant votre biographie, vous penserez « c’est bien moi ».

Mais surtout, elle écoute vos silences

Écrire les silences

Cette hésitation au moment de prononcer un nom.
Cette expiration, comme un regret silencieux.
Ce rire, à peine audible, mais si sincère, à l’évocation de cette personne perdue.
Ce sourire en coin, qui en dit long.
Ces secondes de doute, de réflexion, de voyage intérieur, que la biographe doit respecter.

Cela aussi, elle le remarque et le note. Votre biographie n’est pas qu’une suite de phrases ou un empilement de souvenirs. Votre histoire, ce sont les traces du passé. Toutes les pensées. Tous les sentiments. 

Le travail de la biographe, c’est de les repérer et de les incorporer, subtilement, dans le texte. Pour que, lorsque vous le découvriez, vous pensiez, « c’est exactement ce que je ressentais, sans trouver les mots ».

Bien sûr, rien n’est écrit sans votre consentement. Si vous préférez que ce prénom, qui vous a fait sourire, reste dans votre cœur, c’est votre droit. 

La biographe c’est la personne qui vous écoute.

Qui vous écoute, vraiment.

La biographe : la personne qui vous écrit

Écrire l'inconnu

L’entrevue achevée, le carnet de notes et l’enregistreur remplis de « vous », la biographe retrouve une forme de solitude.

Face à son ordinateur, elle entame un travail d’organisation, d’assemblage, de documentation. Cette phase est nécessaire pour s’immerger dans votre passé. Lui donner le sens qu’il a pour vous.

Malgré l’intimité des entretiens, la biographe n’a pas votre vécu. Elle a écouté, sans expérimenter. Maintenant, elle doit plonger dans votre vie et oublier la sienne. Peut-être lui avez-vous confié la fuite de votre pays de naissance, elle qui n’a jamais quitté son village ? Peut-être avez-vous raconté votre dépression du post-partum, elle qui n’a pas d’enfant ? Qu’importe. La biographe est au service de votre histoire et elle doit parvenir à se l’approprier. Faire des recherches sur le pays que vous avez évoqué. Se renseigner sur les symptômes et les causes d’une dépression du post-partum.

La plupart des informations glanées n’apparaitront pas dans le texte. Ce livre, c’est vous. Il ne contient donc que ce que vous avez partagé, pas des faits politiques ou scientifiques. Mais la biographe, pour vous retranscrire, doit aussi comprendre votre chemin

Écrire l'universel

Cela semblera contradictoire avec le point précédent, mais il y a quelque chose d’universel dans l’expérience des gens.
Nous éprouvons de l’empathie pour un blessé sans l’être nous-mêmes. Nous sommes transportés par la victoire de cette jeune sportive, à qui l’on passe une médaille d’or autour du cou. Parce que nous avons toutes et tous ressenti de la souffrance, de la fierté, de l’euphorie. Le contexte nous est méconnu, mais les sentiments restent familiers.

La biographe puise dans ces émotions universelles pour donner vie à votre texte et lui permettre de rayonner auprès de vos lecteurs et lectrices, que ce soit des proches ou des inconnus. Un véritable travail d’auteure débute, durant lequel la technique professionnelle passe au service de l’émotion.

C’est un fil ténu entre votre histoire, unique et intime, et le ressenti commun. Entre vous, et les personnes pour qui vous écrivez.

La biographe : votre compagne de route

Biographe-compagnon-de-route

Écrire ce chemin ensemble, jusqu'à la fin

La dernière séance s’achève. Vous venez de valider l’ultime chapitre de votre biographie et cette personne, devant vous, n’a plus rien d’une inconnue. Quelque chose s’est créé au fur et à mesure des entretiens.

Pourtant, ce n’est pas la fin de votre collaboration. Le texte est terminé, oui ; commence maintenant la création de l’objet « livre ». Vous choisissez les photographies, les dessins, les poèmes qui s’ajouteront aux mots. Pendant ce temps, la biographe s’attèle au travail de mise en page et de relecture.
Puis, si c’est votre souhait, vous composez ensemble une quatrième de couverture, une préface, un sommaire ; c’est vous qui décidez du contenu de votre biographie

Une fois les étapes achevées et le document envoyé à l’imprimeur, c’est ensemble que vous découvrez la biographie finale. C’est ensemble que vous repensez au chemin parcouru, de la première rencontre à la dernière. Du premier appel à ce livre, dans vos mains.

L'après biographie

Et ensuite ?

Ensuite, les au revoir s’imposent. Parfois, ce sont des adieux ; ce n’est pas grave. C’est normal que des compagnons de route se séparent une fois le voyage achevé. L’expérience vécue restera gravée dans votre esprit et dans celui de la biographe qui vous a accompagné.

D’autres fois, le contact perdure. Un appel, un message de temps en temps. Un restaurant ou un verre en passant. S’assurer que tout va bien.
Dans certains cas, la biographe devient même une proche. Je me souviens d’une consœur qui avait été conviée aux obsèques de l’homme dont elle avait rédigé l’histoire. Il avait souhaité être enterré avec sa biographie. 

Moi-même, je garde une trace de chacune de mes rencontres. Je m’imprègne de vos parcours, j’apprends de vos expériences, je me cultive grâce à vos mondes, que vous avez la gentillesse de me confier.

Je ravive par l’écrit notre collaboration au travers d’une série de texte personnel. Une lettre que je rédige et que je dédie à chaque narrateur et narratrice avec qui j’ai eu la chance de travailler, pour qu’ils et elles comprennent comme notre rencontre a été importante. 

Vous pourrez les découvrir ici : 

Lettre à ma biographiée : Valérie

Alors, qu’est-ce qu’une biographe ?
C’est tout cela à la fois.

C’est une oreille, une présence, un crayon bien taillé.
C’est une autrice, une documentaliste, une graphiste.

Mais c’est avant tout la personne qui vous accompagnera dans le processus unique, intime et formidable de l’écriture de votre histoire.

Si vous souhaitez que je devienne cette personne pour vous, ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter.

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